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Guide · Amiante

Artisans et entreprises : le diagnostic amiante exigé avant d'intervenir

Avant de percer, poncer ou déposer quoi que ce soit dans un bâtiment d'avant 1997, une entreprise doit savoir où se trouve l'amiante. Ce n'est pas à elle de le chercher, mais c'est à elle d'en tirer les conséquences pour ses salariés. Ce qu'il faut demander au client, et que faire quand il n'a rien.

L'essentiel en 10 secondes

Le client, donneur d'ordre, fait réaliser le repérage et vous le remet avant le devis. Vous vous en servez pour classer votre intervention en sous-section 3 ou 4, écrire votre mode opératoire et protéger vos salariés. Sans repérage, hors des cas d'urgence prévus par le texte, le chantier ne commence pas.

Qui doit faire le diagnostic amiante avant travaux ?

Le client, pas l'entreprise. Le Code du travail confie la recherche d'amiante au donneur d'ordre, au maître d'ouvrage ou au propriétaire qui décide de l'opération (articles L4412-2 et R4412-97). Il la fait réaliser avant toute opération qui risque d'exposer des travailleurs, notamment dans un bâtiment construit avant l'interdiction de l'amiante, entrée en vigueur le 1er janvier 1997. Un particulier qui vous confie des travaux est un donneur d'ordre comme un autre.

Ce repérage, c'est le diagnostic amiante avant travaux. La loi règle aussi sa circulation : il est joint aux documents de la consultation remis aux entreprises candidates, ou transmis aux entreprises qui envisagent de réaliser l'opération. Vous devez donc l'avoir en main pour chiffrer, pas le jour de l'ouverture du chantier.

Vous ne pouvez pas le réaliser vous-même : l'opérateur de repérage est indépendant et ne peut avoir aucun lien d'intérêts avec une entreprise qui intervient sur la même opération (article R4412-97-1). Le donneur d'ordre qui s'en dispense s'expose, lui, à une amende administrative (article L4754-1).

Ce que l'artisan demande au client avant de chiffrer

  • L'année de construction ou la date du permis de construire : c'est elle qui dit si le bâtiment est concerné.
  • Le rapport de repérage avant travaux : son périmètre doit correspondre à vos travaux, pas à ceux d'un chantier précédent.
  • Dans un immeuble collectif ou un local professionnel, le dossier technique amiante (DTA) : il signale l'amiante déjà connu, sans remplacer le repérage.
  • Le programme de travaux transmis au diagnostiqueur : si votre devis va plus loin, la différence n'a pas été repérée.

Lisez ensuite le rapport matériau par matériau : présence ou absence d'amiante et, s'il y en a, nature, localisation et quantité estimée (article R4412-97-5). C'est la base de votre évaluation des risques. Si le chantier s'étend en cours de route, une cloison de plus ou un conduit découvert derrière un doublage, la partie nouvelle est repérée avant que vous y touchiez.

Le client n'a pas de repérage : que faire ?

Expliquez-lui l'obligation et proposez de réserver le devis, ou la partie des travaux qui touche le bâti ancien, jusqu'à la remise du rapport. Le Code du travail n'admet une intervention sans repérage préalable que dans quatre cas, constatés par le donneur d'ordre (article R4412-97-3) :

  • une urgence liée à un sinistre qui présente un risque grave pour la sécurité ou la salubrité publiques, ou pour l'environnement ;
  • une urgence liée à un sinistre qui présente des risques graves pour les personnes et les biens, quand on ne peut pas attendre le repérage ;
  • un repérage qui exposerait l'opérateur à un risque excessif pour sa sécurité ou sa santé ;
  • une réparation ou une maintenance corrective qui relève de la sous-section 4 et du premier des trois niveaux d'exposition définis par le Code du travail (article R4412-98).

Vos salariés sont alors protégés comme si la présence d'amiante était avérée, avec des mesures que votre entreprise définit selon le risque évalué et le degré d'urgence. Hors de ces cas, un client qui refuse le repérage reste en infraction, et vous restez responsable de la santé de vos salariés : mieux vaut ne pas ouvrir le chantier.

Sous-section 3 ou sous-section 4 : quelle différence ?

La sous-section 3 du Code du travail couvre le retrait et l'encapsulage de l'amiante, démolition comprise ; la sous-section 4, toutes les autres interventions sur des matériaux susceptibles d'émettre des fibres (article R4412-94). Le critère est le but de l'opération : retirer ou isoler l'amiante, c'est la sous-section 3 ; le toucher à l'occasion d'une réparation, d'un entretien ou d'une maintenance, c'est la sous-section 4.

Obligations de l'entreprise en sous-section 3 et en sous-section 4 comparées
CritèreSous-section 3Sous-section 4
OpérationsRetrait ou encapsulage, démolition comprisePercer, découper, réparer, entretenir
Certification de l'entrepriseObligatoireNon exigée
SalariésFormés, attestation de compétenceFormés, attestation de compétence
Document de l'entreprisePlan de démolition, de retrait ou d'encapsulageMode opératoire pour chaque processus, annexé au document unique
Envoi à l'inspection du travail et à la Carsat30 jours au moins avant les travaux, par la plateforme DEMAT@MIANTEAvant la première mise en œuvre
Rapport de repérageJoint au planTransmis en plus si l'intervention dure plus de cinq jours
TexteCode du travail, R4412-125 à R4412-143Code du travail, R4412-144 à R4412-148

Une entreprise non certifiée ne réalise donc pas de retrait : si le repérage trouve de l'amiante dans ce que vos travaux doivent déposer, le client confie ce retrait à une entreprise certifiée (article R4412-129), et vous intervenez ensuite. En cas de doute sur le classement, l'OPPBTP conseille de le faire valider par l'inspection du travail.

Trois situations de chantier

L'électricien qui refait une installation

Saignées dans les enduits, perçages de plafonds, dépose d'un ancien tableau : dans un logement des années 1960, autant d'interventions de sous-section 4 sur des matériaux qui peuvent contenir de l'amiante. Sans repérage du tracé, impossible de savoir quelles protections prévoir et chiffrer.

Le plombier appelé pour une fuite

Une canalisation rompue qui inonde un appartement ne peut pas attendre le repérage : c'est le type d'urgence que prévoit le texte. Le plombier répare en protégeant ses salariés comme si l'amiante était présent ; la réfection qui suit attend le rapport.

Le carreleur face à d'anciennes dalles

Si le repérage trouve de l'amiante dans les dalles de sol ou dans leur colle, les déposer revient à retirer l'amiante : c'est la sous-section 3, réservée à une entreprise certifiée. Le carreleur pose le nouveau sol une fois le retrait terminé.

Maîtres d'œuvre : le repérage dans le dossier de consultation

Pour un maître d'œuvre ou un architecte, la règle se lit à l'article L4412-2 du Code du travail : le rapport de repérage est joint aux documents de la consultation remis aux entreprises candidates. Commandé dès que le programme est arrêté, il permet à chaque entreprise de classer son intervention et de chiffrer les mêmes protections, et à vous de prévoir, s'il le faut, un lot de retrait confié à une entreprise certifiée. Voir aussi nos diagnostics avant travaux pour les entreprises du BTP.

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Questions fréquentes

Un artisan peut-il intervenir sans diagnostic amiante avant travaux ?
Dans un bâtiment construit avant 1997, pas en temps normal : seulement en cas d'urgence liée à un sinistre, de repérage trop dangereux pour l'opérateur ou de réparation de sous-section 4 au niveau d'exposition le plus faible. Les salariés sont alors protégés comme si l'amiante était présent.
Quelles sont les obligations de l'employeur face à l'amiante ?
Évaluer le risque de chaque processus de travail et le classer selon trois niveaux, le reporter dans le document unique, établir les notices de poste, former les salariés et, en sous-section 4, rédiger un mode opératoire soumis à l'avis du médecin du travail et, s'il existe, du comité social et économique. Le repérage du client est le point de départ de cette évaluation.
Quelle formation pour intervenir en sous-section 4 ?
Chaque salarié concerné suit une formation préalable, validée par une attestation de compétence individuelle (article R4412-117 du Code du travail). L'arrêté du 23 février 2012 en fixe le contenu selon la fonction : encadrement technique, encadrement de chantier ou opérateur de chantier. Elle se renouvelle au plus tard tous les trois ans.
Que contient le rapport de repérage remis à l'entreprise ?
Il conclut à la présence ou à l'absence d'amiante dans le périmètre des travaux et, s'il y en a, précise la nature, la localisation et la quantité estimée des matériaux concernés (article R4412-97-5 du Code du travail). C'est sur cette base que l'entreprise évalue ses risques, classe son intervention en sous-section 3 ou 4 et prépare son plan de retrait ou son mode opératoire.

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